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Historique du bâtiment

 

Le chef lieu du département du Cantal a été fixé à Aurillac par le décret du 19 Messidor de l’an II.

L’Administration de l’Etat dans le département a d’abord été logée précairement dans une maison particulière, l’ancien hôtel Dorinière, devenu ensuite l’Hôtel des Postes, pour lequel le Département réglait au propriétaire, le sieur Desprats, un loyer de 2 500 Frs.

La construction d’un hôtel et l’achat de l’emplacement de la maison Comblât ont été autorisés par la Loi du 11 prairial an VI (30 mai 1798). Un crédit de 150 000 Frs de dépenses définitives était accordé pour cette réalisation.

Il est intéressant de lire le compte rendu de la séance du Conseil des Anciens et les quelques interventions qui ont été faites sur la résolution du 13 floréal an VI du Conseil des Cinq Cents relative à la construction d’un bâtiment pour la tenue des séances de l’Administration Centrale du Département du Cantal. C’est ainsi que Charles Vacher explique la nécessité d’installer convenablement la nouvelle Administration et explicite un vote positif tandis que l’un de ses collègues Lacuée s’attache en des termes vifs à obtenir le rejet du projet.

"Mes collègues, le département du Cantal est l’un des plus pauvres, l’un de ceux dont les habitants ont le plus besoin d’une économie sévère et même d’une parcimonie austère... il faut apprendre aux architectes et surtout aux ingénieurs des ponts et chaussées à ne point proposer de plans surchargés d’ornements".

Après débat, le projet initial est jugé trop dispendieux alors que des édifices nationaux invendus existent à Aurillac. Le projet est remanié dans le sens d’une simplification et le montant ramené à 90 000 Frs.

Dès le 23 prairial an VI débutent les acquisitions foncières. Est ensuite organisée une adjudication au rabais de la construction de l’édifice le 2 frimaire an VII de la République. Il s’agit d’une procédure d’enchères par feu. Au troisième feu, la réalisation était proposée pour un coût de 95 000 Frs, au quatrième le prix baissait à 85 000 Frs. Au cinquième feu, le citoyen Boissonade était déclaré adjudicataire au coût de 85 000 Frs avec un système de caution solidaire. Le programme est officiellement autorisé par le Ministre M. De Neufchateau.

L’Hôtel de la Préfecture va se construire de 1798 à 1811 non sans quelques difficultés dues notamment aux suites du coup d’Etat du 18 brumaire. L’Ingénieur en chef du département Lallié avait conçu un plan sur 2 niveaux. Il fut modifié dans sa distribution interne pour tenir compte des nouveaux besoins de l’Administration impériale en 1800 sans remettre pour autant en cause les constructions déjà entreprises. Les travaux furent interrompus plusieurs fois, des malfaçons conduisirent à des contentieux.
Finalement, les bureaux purent s’installer en 1806 dans les nouveaux locaux, les archives suivirent en 1807 et les appartements et dépendances furent achevés courant 1811. Alors que le premier Préfet Riou nommé Baron de Kersalsaùn par l’Empereur avait eu à suivre ce projet depuis l’origine, c’est son successeur le baron de Lachadenède qui a bénéficié de l’achèvement de la partie résidentielle de l’édifice préfectoral et a pu y emménager fin 1811.

Les plans et élévations datent de 1807 et portent la signature du Préfet Riou. Ils montrent que la pièce ronde donnant sur le jardin était destinée aux réunions du Conseil Général du Département, le Cabinet du Préfet se trouvait sur la gauche du bâtiment au rez-de-chaussée, la partie droite étant réservée aux appartements avec antichambre, salon de compagnie, salle à manger et chambres à coucher. A l’étage dénommé second étage sur les plans se situent notamment les archives. Le double escalier a été transformé pour que puisse être réalisé un vestibule et un escalier plus majestueux et un salon d’honneur a été conçu au dessus de la salle des séances du Conseil avec une antichambre pour y accéder.
L’Hôtel primitif n’a pas été sensiblement modifié dans ses principaux volumes depuis lors, l’affectation des pièces en revanche est fondamentalement différente, les bureaux, sauf celui du Préfet qui a pris place dans la rotonde donnant sur le jardin, ayant été installés dans les extensions successives.

LES EXTENSIONS

Le Préfet s’était très vite plaint de ne pas disposer d’écuries. Il en louait de ses deniers personnels et se faisait rembourser la prestation par le Département. En 1814, il obtient la construction des écuries, première extension de la construction initiale. En 1826, des bureaux sont édifiés au dessus des écuries. Puis les acquisitions des maisons Devèze et Brunhes complètent l’ensemble.

Nous disposons aux Archives Dépar­tementales des plans du projet d’agrandissement datés de 1864 qui allait se concrétiser en 1865 puis en 1879.
Au cours du XIX siècle, les bureaux se sont ainsi étendus au Nord, l’ancienne maison Devèze était transformée et agrandie, la maison Brunhes détruite.

A la libération, un emprunt de 12 100 000 Frs était autorisé par dépêche ministérielle du 3 août 1945 portant approbation des travaux et inscrit au budget supplémentaire de 1945. Il était destiné au financement des travaux d’agrandissement de la Préfecture et à la remise en état de la Sous-Préfecture de Mauriac. S’y ajoutait un emprunt de 1,5 MF pour les travaux de construction et d’aménagement d’une station radio à la Préfecture. Le projet remontait en fait à la séance du Conseil départemental du 30 octobre 1943. C’est lors de la session extraordinaire du 19 juillet 1946, faute de quorum à la séance du 19 juin 1946, que le Conseil Général sous la présidence du docteur Basset réexamine le projet global extension et service radio, réactualise les coûts à hauteur de 20 MF et adopte le principe de cette réalisation.

Fin 1946, des devis complémentaires sont acceptés par le Conseil Général. Il était prévu de transférer dans l’aile nouvelle perpendiculaire aux locaux existants les bureaux du cabinet du Préfet, du cabinet du Président du Conseil général, d’y réaliser des salles de commission...). L’emprunt initial était complété par un nouvel emprunt de 16,8 MF. En cette période de pénurie, les travaux se heurtèrent à de nombreuses difficultés. C’est ainsi que l’architecte départemental rendait compte fin 1946 des obstacles à la bonne fin des travaux : impossibilité d’obtenir l’attribution des fontes de chauffage, retards considérables des travaux du fait de l’absence de production suffisante de tuiles, annulation des autorisations d’obtention de ciment par bons déposés en usine... conditions délicates que nous avons du mal à concevoir aujourd’hui et qui ont ralenti la mise en oeuvre effective du projet. Lors de la séance du 9 décembre 1946, le Préfet est appelé à s’expliquer suite au rapport du Conseiller Wattey, aux interrogations du Docteur Jabiol qui s’inquiète en séance de l’augmentation considérable du coût passé de 11 MF en 1944 à 25 MF fin 46, et surtout au mécontentement exprimé par la Commission des Travaux Publics.

Il fallut alors attendre 20 ans et la séance du Conseil Général du 2 décembre 1966 pour qu’une nouvelle extension soit décidée suite à l’acquisition d’immeubles jouxtant la Préfecture du côté du gravier.
Le 18 janvier 1973, l’Assemblée Départementale donnait son accord pour que le Préfet entame les négociations nécessaires à l’acquisition des immeubles situés entre le terrain acheté précédemment et la place Gerbert. Le 18 décembre de cette même année, le Préfet faisait connaître le résultat positif de ces pourparlers. Dès la séance du 5 avril 1974, le Préfet Laurent Clément pouvait présenter un rapport précis sur la construction d’un nouveau bâtiment sur la base d’un avant projet élaboré par M. Charles Terrisse, architecte, dans les termes suivants : "Le nouveau bâtiment a été conçu de façon à pouvoir s’insérer harmonieusement dans le contexte urbain environnant tout en prolongeant avec un léger décalage l’aile des bureaux actuels. Pour respecter l’échelle des volumes existants ainsi que le caractère très classique et sobre de leur façade, le bâtiment est constitué d’un volume très simple avec deux façades perpendiculaires. Il comprend trois étages sur un rez-de-chaussée...".
Le Préfet obtenait une subvention de 30 % du Ministère de l’Intérieur taux maximum prévu pour les opérations de cette catégorie. Les travaux qui ont fait l’objet d’un appel d’offres dès juin 1974 ont été réalisés en deux phases et inaugurés le 26 mai 1978 par le Ministre de l’Intérieur M. Christian Bonnet.

Cette construction moderne édifiée avec des matériaux traditionnels d’Auvergne parachevait l’ensemble immobilier qui abrite les locaux de la Préfecture.