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La Trame verte et bleue

 

Le titre IV de la Loi du Grenelle 2 propose des mesures destinées à enrayer les atteintes aux milieux naturels, aux espèces et aux habitat, et a des implications sur l’aménagement du territoire, la gestion des ressources naturelles et le déroulement des activités économiques et agricoles.
Parmi celles-ci, la Trame Verte et bleue vise à identifier ou à restaurer un réseau écologique cohérent et fonctionnel sur le territoire national qui garantit la survie des espèces végétales et animales. Ce réseau leur permet de communiquer, circuler, s’alimenter, se reproduire, se reposer dans les milieux terrestres (trame verte) et les milieux aquatiques ( trame bleue). Le concept de Trame Verte en tant que réseau d’espaces naturels connectés entre eux date des années 1990 à la suite du sommet de la terre de Rio. Des études montrent en effet que les relations entre les milieux sont indispensables à la biodiversité.

Des corridors pour relier les habitats

milieu aquatique et terrestre en continuité
milieu aquatique et terrestre en continuité
S.ALCOUFFE/SE/DDT15

Forêts, zones humides, prairies permanentes, haies arborées sont des éléments de la trame verte. Mares, sagnes, marais, plans d’eau, rivières, fossés, sources etc. sont des éléments de la trame bleue. Les milieux aquatiques sont aussi des habitats caractérisés par une flore très riche indissociable de la vie aquatique. Par ailleurs de nombreux animaux ont besoin de points d’eau pour s’abreuver dans leurs trajets. C’est pourquoi la trame verte et la trame bleue sont très imbriquées.
Elles mettent en relation des habitats aquatiques et terrestres par un système de corridors aux formes très diverses en fonction des espèces concernées.

Les alignements d’arbres sont des corridors essentiels pour les espèces aériennes : insectes, écureuil, oiseaux et chauve-souris ne sauraient s’éloigner de leur gîte sans le relais des arbres pour prospecter le territoire.

Des éléments bâtis font partie de la trame verte et bleue à condition d’être épargnés par la pollution : talus routiers ou autoroutiers, friches urbaines, ronds-points, chemins piétons ou cyclistes, murs en pierre sèche ou jointoyés à la chaux, etc.

Les bords de route ne sont pas toujours de bons corridors biologiques car ils sont empruntés par des espèces de milieu ouvert et exposent les animaux à la pollution des gaz d’échappement et à la mortalité par collision avec les véhicules. Les voies de transport larges et à fort trafic automobile ( boulevard, nationale, autoroute) sont infranchissables pour beaucoup d’espèces.

Il est cependant possible de créer artificiellement des connexions en mettant en place des structures qui offrent les conditions écologiques adaptées : des passerelles à réflecteur de lumière, des tunnels à Amphibiens, etc.

La trame noire

La trame noire est essentielle pour beaucoup d’espèces vivant ou circulant la nuit. Elle représente la partie du territoire préservée de l’éclairage artificiel qui perturbe une grande variété d’espèces diurnes et nocturnes. Dans les zones éclairées, les animaux des espèces sensibles sortent plus tard ce qui réduit leur temps de chasse et donc leur approvisionnement en nourriture.
La lumière détourne aussi les oiseaux migrateurs de leur route ainsi que les insectes attirés par les signaux lumineux. Les nuisances lumineuses sont la 2ème cause de mortalité des insectes nocturnes après les produits phytosanitaires.
Ce sont surtout les espèces spécialistes qui sont touchées, par exemple les espèces rares de chauve-souris : les grands murins restent en retrait des zones lumineuses, alors que d’autres plus communes comme les pipistrelles s’adaptent.
Par ailleurs, la pollution lumineuse rend l’observation des étoiles difficile et dégrade la qualité des ciels nocturnes même dans les zones naturelles du Massif Central.

Le Schéma régional de cohérence écologique (SRCE)

En France chaque région est chargée d’élaborer une partie de la cartographie de la trame verte et bleue nationale en conformité avec les décisions du Grenelle de l’environnement en 2007. Les éléments représentés sont les habitats naturels caractérisés par la flore, les sites de reproduction, de nourrissage, de repos ou d’abris de la faune, les couloirs de déplacement de la faune, et de dispersion de la flore, appelés « corridors biologiques ».

La cartographie de la trame verte et bleue figure dans le dossier du Schéma régional de cohérence écologique. Ses préconisations doivent être prises en compte par les collectivités territoriales engagées dans une démarche de planification urbaine et être intégrées dans les documents d’urbanisme produits. Des implications fortes dans la gestion locale du territoire sont explicitées à l’intention des Elus dans la fiche de synthèse - Trame Verte et Bleue (format pdf - 225.5 ko - 08/07/2014)

La Plaquette du SRCE Auvergne (format pdf - 2.3 Mo - 01/09/2014) vous présente les principes de ce dossier d’aménagement du territoire. Les questions que peut soulever une étude globale en terme de modalités d’élaboration ou d’application opérationnelle sont explorées dans la Foire aux questions du SRCE (format pdf - 1.5 Mo - 01/09/2014) . Les études intégrales qui constituent le dossier du SRCE sont disponibles dans les pages de la DREAL Auvergne .