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Le Cantal et son histoire

Présentation synthétique de l’Histoire du Cantal

C’est le 4 mars 1790 que fut créé le département du haut-pays d’Auvergne en application de la loi du 22 décembre 1789. Il prit le nom du massif principal des montagnes qui le couvrent, les monts du Cantal et particulièrement de son point culminant le Plomb du Cantal (1858 m).

Au sortir de la préhistoire, la région n’a pas d’individualité propre et constitue la partie sud du territoire des Arvernes que ceux-ci conservèrent en l’état après la conquête de la Gaule par César. Les trouvailles archéologiques démontrent toutefois l’influence exercée par le vainqueur (sources thermales de Vic-sur-Cère et Chaudes-Aigues, temple circulaire du site d’Aron à Aurillac).

Cette civilisation gallo-romaine se maintint après l’évangélisation du pays par Saint-Austremoine et la création du grand évêché de Clermont au IIIè siècle. Grégoire de Tours, historien auvergnat, a relaté les troubles des temps mérovingiens. Parmi les comtes fonctionnaires d’empire qui devinrent indépendants et héréditaires au IXème siècle, se distingua Géraud d’Aurillac dont l’autorité s’étendait du Comté d’Aquitaine à celui du Rouergue. Emergèrent aussi au Xe siècle les Vicomtes de Carlat, dominant tout le sud du Massif Central.

Le pays divisé, en proie à des rivalités et des guerres continuelles, affirmait déjà néanmoins sa vocation agricole.

La vie urbaine apparut bientôt à l’ombre des monastères, autour des chefs‑lieux des paroisses rurales comme Saint-Flour, Maurs, Montsalvy ou à côté des châteaux comme Murat, Salers, Laroquebrou...

L’abbaye d’Aurillac, fondée à la fin du IX ème siècle par le Comte Géraud jouit rapidement d’une grande renommée, du fait du tombeau de son Saint fondateur, mais aussi de ses possessions immenses et ses écoles fameuses. C’est de l’une d’elles que devait sortir le savant Gerbert, pape de l’An mil, sous le nom de Sylvestre II. En 972, l’Evêque d’Auvergne reconnaissait solennellement à Aurillac la seconde place dans son diocèse de Clermont et signait ainsi l’acte de naissance de la Haute-Auvergne.

Au début du XIIIème siècle, l’Auvergne fut annexée à la couronne et au XIVème siècle, la Haute-Auvergne eut ses Etats particuliers qui se réunissaient le plus souvent à Saint-Flour.

Le XIIIème siècle et le début du XIVème furent prospères pour le commerce et la diffusion de la littérature occitane mais avec les guerres anglaises, le pays servit de champ de bataille aux bandes rivales pendant près d’un demi-siècle. Il fallut tout le XVème siècle pour réparer les ruines laissées par la guerre. Les églises furent restaurées ou reconstruites dans le style gothique, telle la nouvelle cathédrale de Saint-Flour, consacrée en 1466.

Les luttes entre Armagnacs et Bourguignons n’épargnèrent pas la Haute-Auvergne et le formidable château de Carlat, propriété des Armagnacs, fut assiégé par les troupes de Louis XI. Avec sa reddition et l’annexion à la couronne un peu plus tard du Vicomté du Carladès se terminèrent les divisions de l’Auvergne féodale.

La réforme pénétra en Auvergne vers 1540 et Aurillac, pris et repris par les catholiques et les protestants, fut le théâtre d’événements violents. Le XVIIème siècle fut également troublé et Henri IV fit raser la forteresse de Carlat en 1604, Richelieu celles de Murat, puis de Pleaux et de Calvinet.

Avec la création de l’intendance d’Auvergne en 1616, la monarchie réunifia la province qui fut divisée en 7 élections dont 3, Aurillac, Mauriac et Saint-Flour correspondirent à la Haute-Auvergne.

Suivant le désir de la population, la Révolution, en créant les départements, divisa à nouveau la province. La Haute-Auvergne, augmentée au nord de quelques paroisses, devient le département du Cantal. Aurillac et Saint-Flour se disputèrent l’honneur d’en être la capitale, mais il fut décidé que ces villes d’égale importance en seraient tour à tour le chef-lieu pendant 2 ans. Après un passage à Saint-Flour, les assemblées administratives s’établirent à Aurillac et un décret de 1794 mit fin à « l’alternat ». Aurillac devint plus tard le siège de la Préfecture et Saint-Flour se vit attribuer le siège de l’Evêché. Le 17 février 1800 fut créés les arrondissements d’Aurillac, Mauriac, Murat, Saint-Flour, et un nouveau découpage des cantons eut lieu. L’arrondissement de Murat devait être supprimé le 10 septembre 1926 et ses trois cantons rattachés à l’arrondissement de Saint-Flour.

Sous la Restauration, les travaux routiers furent repris : l’une des plus importantes réalisations fut le percement du tunnel du Lioran, entre 1839 et 1843. Mais bientôt, on songea au chemin de fer. Placée à un carrefour de voies routières et ferroviaires, Aurillac s’affirma dans son rôle de capitale régionale.

Le développement des voies de communication a eu pour le Cantal des conséquences considérables. Le département n’étant plus tenu de produire tout ce qui lui était nécessaire, le paysage cantalien fut complètement transformé par le recul des terres labourables au profit des prairies. Ce développement des voies de communication favorisa également un essor réel pour l’industrie, et l’apparition du tourisme.

La première guerre mondiale décima la population rurale. A partir de 1943, la Résistance auvergnate utilisa le massif cantalien : des combats meurtriers se déroulèrent en mai et juin 1944 dans les réduits du Mont Mouchet et de la Truyère près de Chaudes-Aigues.

En 1969, Georges Pompidou était élu Président de la République ; né à Montboudif, il descendait d’une famille de la Châtaigneraie dont l’existence à Boisset est connue depuis le début du XVIIIème siècle.