Contenu

Les enjeux de l’eau

 

La qualité de l’eau naturelle est soumise à la pression de l’urbanisation et de l’agriculture intensive et a tendance à se détériorer en parallèle avec la dégradation des milieux naturels. Le déclin des organismes aquatiques sensibles à la qualité de l’eau est un indice de ce déséquilibre. Par ailleurs la disponibilité des ressources en eau mérite localement la vigilance des consommateurs. Une nouvelle organisation des usages et de l’exploitation de la ressource est en préfiguration.

L’état actuel des ressources en eau

Les ressources en eau sont différentes en fonction de la nature géologique des sols dans les régions naturelles du quart Sud Ouest du Cantal qui présentent deux situations distinctes.
La châtaigneraie et le Carladez s’inscrivent dans le bassin versant Adour Garonne. Sur ce territoire, les terrains reposant sur la roche métamorphique stockent très peu les eaux souterraines, alors que les terrains sédimentaires disposent de réserves correctes mais retreintes à la surface des zones alluviales des cours d’eau. Les ressources en eau naturelle sont donc assez limitées en général.

En période estivale, certaines communes telles que Maurs ont recours à des arrêtés de restriction des usages de l’eau car les prélèvements sur les nappes ou dans les cours d’eau excèdent la capacité du milieu aquatique. En effet la demande en eau est maximale en été en raison de la fréquentation touristique, de l’arrosage des cultures, des besoins urbains ( piscines, lavage de voitures, etc.) et industriels. Les prélèvements dans les cours d’eau pour la consommation humaine avoisinent les 7 millions de m3 annuels sur le bassin de la Cère ; en période d’étiage, la pression sur les masses d’eau met en péril les débits minimum biologiques indispensables à l’équilibre des milieux aquatiques.

Dans les Monts du Cantal par contre, les ressources en eau sont parfois abondantes dans les coulées basaltiques. Les activités touristiques sont à l’origine d’une forte demande en eau pour la production de neige artificielle qui implique la rétention d’eau dans des bassins.

Les paramètres à prendre en compte

Les pluies abondantes et réparties tout au long de l’année pourvoient actuellement à l’approvisionnement des débits sauf en cas de sécheresse. La diminution de la pluviométrie annuelle de 20 % annoncée par les scénarios du changement climatique et la hausse de la fréquence des sécheresses sont en train de modifier les conditions de stockage et les équilibres naturels avec des conséquences sur la disponibilité de l’eau pour les activités humaines.

Les zones humides sont un élément important de la régulation de l’approvisionnement en eau en faveur de la demande estivale, dans la mesure où elles sont encore préservées par l’agriculture et de la pression foncière et que leur taille est suffisante pour jouer leur rôle hydraulique. Elles participent aussi à l’épuration naturelle de l’eau dans les sols sur le principe des filtres à roseaux.

Les enjeux de la qualité de l’eau

L’exploitation de l’alimentation en eau potable est gérée à l’échelle communale sur une bonne partie du territoire. L’atomisation de la ressource à l’échelon communal est un frein à la gestion optimale des captages d’eau potable et les faibles revenus de la commune pénalisent le renouvellement des conduites du réseau malgré leur état critique. Les fortes contraintes d’approvisionnement se répercutent sur le prix de l’eau potable dans la région de la Châtaigneraie. La gestion administrative de l’eau et le prix de l’eau potable sont cartographiés à l’échelle du département du Cantal dans l’Atlas départementa.

La gestion de la ressource doit être optimisée pour l’alimentation de la ressource en eau potable en situation tendue :

- l’amélioration de la performance des réseaux défectueux,
- la continuité de l’approvisionnement de l’eau potable en période de pénurie d’eau, sur a région de la Châtaigneraie en particulier
- la sobriété des activités économiques et des usages privés, l’exploitation des ressources alternatives y compris des réservoirs à la parcelle. L’objectif de la politique nationale de l’eau est la réduction de 20 % de la consommation de l’eau potable en 2020.
- le maintien de zones humides en bon état et donc efficaces.

La réalisation des projets d’aménagement débouchant logiquement sur de nouveaux besoins en eau devrait se faire à la condition que la ressource en eau soit suffisante pour les satisfaire en garantissant le fonctionnement hydrologique du milieu naturel.

Une échelle de gouvernance adaptée est préalable à la mise en place d’une stratégie ambitieuse et des actions cohérentes qui requièrent de mutualiser les moyens financiers et les compétences, de planifier les créations, l’entretien et l’exploitation des équipements en minimisant les charges correspondantes. Elle pourrait correspondre aux structures intercommunales.

Une approche régionale des enjeux

La problématique de la disponibilité et de la qualité de l’eau pourrait être traitée avec une cohérence avérée à l’échelle supracommunale (ScoT) :

  • l’urbanisation pourrait être planifiée sur un bassin de population en adaptant les futurs objectifs démographiques aux ressources disponibles localement (déduites les exigences vitales des milieux aquatiques).
  • les zones humides pourraient être inventoriées dans les zones urbanisables et enregistrées dans les documents d’urbanisme pour leur éviter de disparaître dans les opérations foncières et l’intensification de la production agricole.
  • les bonnes pratiques de maintenance des espaces verts et des voiries publics pourraient cumuler des effets positifs par l’adhésion des communes à la « Charte d’entretien des espaces publics » financée par l’Agence de l’eau Adour-Garonne.
  • des cultures agricoles moins gourmandes en eau et plus adaptées à l’évolution climatique pourraient être favorisées par une gouvernance globale.