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Les Grenouilles, Tritons et Reptiles

 
Grenouille agile
Grenouille agile
A.HORELLOU/INPN

La quasi totalité des espèces d’Amphibiens et de Reptiles est protégée par l’Arrêté du 19 novembre 2007 fixant les listes des Amphibiens et des Reptiles protégés sur le territoire national.

Les Amphibiens ou Lissamphibiens regroupent les grenouilles, crapauds et rainettes (anoures) et les tritons, salamandres et plethodontidés (urodèles).
Les tritons ne vivent pas en continu dans les mares, ils n’y viennent que pour la période de reproduction et regagnent le milieu terrestre après ; il existe par contre des populations de tritons dont les larves ont acquis une maturité sexuelle, qui restent toujours à la mare, tels que les tritons alpestres ou palmés par exemple.. Les salamandres adultes sont terrestres et seules les femelles reviennent à la mare pour y déposer leurs larves.

Le Cantal présente une diversité d’espèces en relation avec l’importance du réseau hydrographique de tête de bassin versant et le bon état écologique des eaux naturelles (70 % des masses d’eau). La présence des zones humides : prairies permanentes humides, tourbières, rases, sagnes et marais favorise le maintien des populations d’Amphibiens, qui se nourrissent d’insectes, d’invertébrés aquatiques, de tétards, de jeunes poissons. Les grenouilles et les tritons apprécient les eaux de bonne qualité : oligotrophes et bien oxygénées.

Couleuvre verte et jaune
Couleuvre verte et jaune
F.SERRE-COLLET/INPN

Les Reptiles regroupent l’orvet, les lézards, couleuvres et vipères.
L’orvet est un lézard sans pattes et se nourrit de vers, petits escargots, de cloportes et de limaces ; il chasse dans les jardins potagers et les friches à la végétation dense.
Les couleuvres et les vipères consomment principalement à l’état adulte des rongeurs, des lézards et des oiseaux et jouent à ce titre un rôle important dans la régulation des populations de rats, souris et mulots. Plusieurs couleuvres sont semi-aquatiques : la couleuvre vipérine et la couleuvre à collier chassent des petits poissons, des têtards, grenouilles, tritons.
La vipère aspic habite dans les zones chaudes et rocailleuses, tandis que la vipère péliade occupe les landes à bruyère, à callune ainsi que les tourbières en montagne.

Les causes de la raréfaction des espèces

  • La destruction des habitats. Les habitats terrestres sont constitués par les murets de pierre sèche et les haies arborées. Ces éléments du bocage traditionnel sont rasés pour développer l’agriculture intensive. Les milieux aquatiques se réduisent en surface avec l’assèchement des prairies humides et des zones humides en général, ou leur comblement avant mise en culture ou opération foncière.
  • La fragmentation de la trame verte et bleue : les espèces ne peuvent plus circuler entre les milieux naturels à cause des obstacles ou de la disparition des conditions nécessaires à leur biologie
  • la pollution des milieux par les résidus des engrais et l’application des produits de traitement des cultures, des désherbants
  • l’usage massif des rodenticides pour détruire les rongeurs dans les champs intoxique les serpents qui consomment les proies contaminées
  • la mortalité sur les routes faisant écran aux migrations saisonnières de reproduction
  • la compétition avec les espèces invasives : poissons importés, tortue de Floride,etc.
  • la destruction volontaire des serpents bien qu’illégale

Les Amphibiens protégés

Dans le Cantal, vous pouvez rencontrer les espèces protégées suivantes :

  • la Salamandre tachetée (Salamandra salamandra)
  • les tritons :
  1. Triton alpestre (Triturus alpestris)
  2. Triton palmé (Triturus helveticus)
  3. Triton ponctué (Triturus vulgaris)
  4. Triton crêté (Triturus cristatus)
  5. Triton marbré (Triturus marmoratus)
  • les crapauds :
  1. Crapaud accoucheur (Alytes obstetricans)
  2. Crapaud sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)
  3. Crapaud commun (Bufo bufo)
  4. Crapaud calamite (Bufo calamita)
  • la Rainette verte (Hyla arborea)
  • les grenouilles :
  1. Grenouille agile (Rana dalmatina)
  2. Grenouille rousse (Rana temporaria)
  3. Grenouille verte de Lessona (Rana lessonae)
  4. Grenouille verte commune (Rana esculenta)
  5. Grenouille verte rieuse (Rana ridibunda)

Pour en savoir plus sur ces espèces, consultez les fiches descriptives du site de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) : indiquez le nom de l’espèce dans la cellule de recherche de données et cliquez !

La pêche des grenouilles

Les prélèvements pour les terrariums et le braconnage des cuisses de grenouilles sont strictement interdits et réprimés par les services de l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA) qui patrouillent sur le terrain.
La pêche des grenouilles rousses et vertes est réglementée à certaines périodes et autorisée pour une consommation familiale : consultez l’Arrêté préfectoral permanent relatif à la pêche en eau douce et l’Arrêté préfectoral annuel fixant les dates d’ouverture et de clôture dans le Cantal.

Il est difficile de faire la distinction entre une grenouille agile (Rana dalmatina), rare et strictement protégée et une grenouille rousse (Rana temporaria) autorisée à la pêche.
Présentes dans les marais, les grenouilles vertes se sont hybridées avec la grenouille rieuse (introduite) et leur descendance a donné la grenouille comestible (Rana esculenta) comme l’ont montré les travaux de Berger (1966). La grenouille de Lessona, native de nos régions, est directement concurrencée et en voie de disparition. Les identifications de ces 3 espèces de grenouilles vertes sont donc complexes.
Dans le doute mieux vaut s’abstenir de ramasser les grenouilles rousses et les grenouilles vertes.

Les Reptiles protégés

Dans le Cantal, les espèces protégées suivantes se rencontrent plus ou moins couramment dans les milieux naturels :

  • l’ Orvet (Anguis fragilis)
  • les lézards :
  1. Lézard des murailles (Podarcis muralis)
  2. Lézard vivipare (Lacerta vivipara)
  3. Lézard des souches (Lacerta agilis)
  4. Lézard vert (Lacerta viridis)
  5. Lézard ocellé (Lacerta lepida) / rare
  • les couleuvres ( inoffensives) :
  1. Couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus) – aquatique
  2. Coronelle lisse (Coronella austriaca)
  3. Couleuvre d’Esculape (Elaphe longissima)
  4. Couleuvre à collier (Natrix natrix) – aquatique
  5. Couleuvre vipérine (Natrix maura) – aquatique
  • les vipères :
  1. Vipère aspic (Vipera aspis)
  2. Vipère péliade (Vipera berus)

Pour en savoir plus sur ces espèces, consultez les fiches descriptives du site de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) : indiquez le nom de l’espèce dans la cellule de recherche de données et cliquez !

Les risques de morsure

En France, une personne par an décède de la morsure venimeuse des vipères. Les chiens sont plus exposés en raison de leur instinct joueur, qui les incite à harceler l’animal au lieu de fuir.

Les couleuvres telle que la couleuvre verte et jaune sont massacrées par confusion avec les vipères, alors que leur morsure est inoffensive. Pourtant les différences sont marquées : consultez les pages du site Serpents de France pour les reconnaitre. Cas particulier : la couleuvre vipérine imite par ses motifs sombres l’aspect d’une vipère ; ce mimétisme est un moyen de défense contre ses prédateurs naturels (rapaces) !
Dans tous les cas, la destruction d’un serpent sans réel danger (morsure venimeuse) est un délit.