Contenu

Les Orchidées

 
Ophrys fusca
Ophrys fusca
V.GARCIA/Safariflore

Les coteaux calcaires du Cantal ont été intégrés dans le réseau Natura 2000 en raison de leur richesse en orchidées : la ZSC Coteaux de Cros et de Raulhac et laZSC Vallées et coteaux de la région de Maurs. En effet, les pelouses sèches semi-naturelles sont favorables au développement d’une trentaine d’espèces d’orchidées dont 9 sont protégées au niveau régional par l’arrêté ministériel du 30 mars 1990 :

  • Ophrys insectifera ( Ophrys mouche), O. scolopax (O. bécasse), O. sphegodes (O. araignée), Ophrys fusca
  • Cephalanthera damasoniana, C. rubra ( Céphalanthères)
  • Orchis militaris ( Casque militaire), Orchis simia (Orchis singe)
  • Epipactis microphylla (Helléborine à petites feuilles)
Casque militaire
Casque militaire
V.GARCIA/Safariflore

D’autres espèces d’Orchidées se développent uniquement en zone humide. La ZSC du Marais de Cassan-Prentegarde abrite deux espèces protégées sur le territoire national selon l’arrêté ministériel du 20 janvier 1982 :

  • Spiranthes estivalis (Spiranthe d’été)
  • Anacamptis coriophora (Orchis punaise).

Enfin d’autres espèces protégées au niveau régional sont nettement montagnardes et investissent les pelouses à Nard raide jusqu’à 1855 m :

  • Nigritella nigra (Orchis vanille), et Pseudorchis alba.

La Dactylorhiza sambucina ( Orchis sureau) forme parfois de grandes colonies dans les estives vers 1000 mètres d’altitude. C’est une espèce d’intérêt communautaire inscrite à l’annexe de la Directive cadre européenne Faune, Flore Habitat.

Pour la description illustrée de ces espèces, consultez les pages de la Société Française des Orchidophiles d’Aquitaine (SFO Aquitaine).

Les partenariats exclusifs des Orchidées

Les orchidées prospèrent sur les terres maigres ( sols calcaires, sols forestiers, sols humides) non fertilisées en tirant profit de la symbiose avec les champignons du sol. Il se produit des échanges nutritionnels entre les substances chimiques et les glucides synthétisés par les orchidées et les éléments minéraux, l’eau, puisés et canalisés par le mycélium dans un large volume de prospection. La germination des graines d’orchidées avorte sans la présence de ces champignons « nounous ». Les orchidées ont développé un autre partenariat complexe avec les insectes pollinisateurs en sélectionnant les espèces aptes à les féconder. La forme et la couleur des fleurs, le mimétisme morphologique avec les insectes, l’émission de substances chimiques proches des hormones animales attirent de manière spécifique un petit nombre d’Hyménoptères (guêpes, abeilles, bourdons) ou des papillons de nuit. Les Orchidées s’avèrent donc très dépendantes des organismes présents dans le milieu pour leur reproduction et leur croissance.

L’agriculture intensive au détriment des Orchidées

Ces relations étroites rendent les Orchidées sensibles à la modification de leur biotope : la fertilisation des prés, le retournement des terres (labours) ou le drainage des zones humides pratiqués par l’agriculture intensive leur sont néfastes soit en portant une atteinte directe aux populations d’orchidées soit en détruisant les myceliums qui les alimentent. Plus insidieusement la disparition des haies et des murets de pierre sèche, le remplacement des prairies permanentes et de leur cortège de fleurs sauvages par des cultures, sont préjudiciables aux insectes butineurs et la disparition de deux ou trois espèces d’insectes peut priver certaines Orchidées de leurs moyens de fécondation croisée et entraîner leur extinction à moyen terme.